Dans les campagnes bretonnes, s’épanouissent des chapelles. Ces édifices religieux comportent parfois des légendes, parfois des histoires mystérieuses, parfois des récits historiques fondateurs.
Au Pays de Redon, telles des phares qui illuminent nos campagnes, les chapelles présentent des architectures et des histoires différentes. Chacune possède sa singularité autant historique que patrimoniale. Discrètes, elles ont pourtant vu les siècles passer, les avancées et les tragédies se dérouler. Bienvenue dans un patrimoine discret mais iconique, bienvenue dans l’histoire de nos campagnes.
la chapelle sainte-agathe
à langon
Lovée dans le bourg de Langon (Commune du Patrimoine rural de Bretagne), la chapelle Sainte-Agathe est classée Monument Historique depuis 1841. Sa position géographique étonne tout à chacun puisqu’elle est (presque) l’élément central de la commune.
Son originalité tient à la période de sa construction : l’époque Gallo-Romaine, à la fin du IIIè siècle. Elle eut à l’origine le rôle de thermes dans ce village où des Gallo-Romains ont résidé. Plus tard, elle devient, tour à tour, chapelle funéraire, temple.
En son sein, elle abrite une fresque assez rare pour l’évoquer : une fresque de Vénus qui date de l’époque Gallo-Romaine. Ayant pour thème l’eau, la fresque rappelle le rôle primaire de la chapelle ainsi que la présence proche de la Vilaine.


Le saviez-vous ?
Une légende raconte qu’un homme à l’esprit moqueur réalisa les 7 tours et se découvrit la poitrine tellement gonflée de lait qu’il dût allaiter deux nourrissons pour le soulager. Il implora Sainte-Agathe pour le soulager et lui faire retrouver son état normal.
Vraie ou fausse, cette légende tient au lieu !

la chapelle saint-méen
à bains-sur-oust
La chapelle Saint-Méen est l’une des trois chapelles frairiennes de la commune. Située au bord de l’Oust, elle serait le dernier vestige de l’ancienne abbaye de Busal, fondée au VIIe siècle par les moines de l’abbaye de Saint-Jean de Gaël.
Déjà en ruines au début du XIXe siècle, la chapelle a été entièrement reconstruite à partir de 1965, en conservant certains éléments anciens. Son architecture s’inspire notamment de la chapelle Saint-Michel du château de la Giraudais, tandis que son clocheton en granite a été sculpté par Jean Breton.

la chapelle royale de carheil
à plessé
Située dans un domaine magnifique, au sud de Plessé, la chapelle royale, de blanc vêtue, fut construite entre 1842 et 1848. Relativement récente, l’édifice est classé Monument Historique en 1981. De style néoclassique, elle possède des vitraux et des tableaux exceptionnels.
Acheté en 1842 par le Roi Louis-Philippe pour son fils le Prince de Joinville, le domaine se situe dans un milieu champêtre où la chapelle seule subsiste de nos jours. De magnifiques peintures et vitraux ont été conçus par la Manufacture Royale de Sèvres à l’initiative de Louis-Philippe. Les Saint Bretons y sont largement représentés : Saint-Pol de Léon, Saint-Yves …



La chapelle saint-jean-d’épileur
à sainte-marie
La chapelle frairienne Saint-Jean-Baptiste pourrait dater, pour ses parties les plus anciennes, de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle. Elle se distingue notamment par sa charpente ancienne à poinçons, qui pourrait remonter au XIVe siècle, ainsi que par un remarquable décor de peintures murales couvrant l’ensemble des murs intérieurs.
Ces peintures gothiques, aux tonalités d’ocre jaune et d’ocre rouge sur fond blanc, constituent un ensemble exceptionnel en Ille-et-Vilaine.
Au XVIIIe ou au XIXe siècle, le chœur a été réduit afin d’aménager une sacristie. La chapelle portait autrefois le vocable de Saint-Jean-d’Espileuc, un nom qui pourrait faire référence à Spiluc, appellation donnée dès 834 à cette partie du territoire de Bains.

la chapelle saint-georges
à guémené-penfao
La chapelle Saint-Georges est le dernier vestige d’un ancien prieuré fondé vers le XIIIe siècle par les moines augustins de l’abbaye Notre-Dame de Paimpont.
Restaurée au XVe siècle, elle devient ensuite le cœur d’une organisation emblématique de la Bretagne méridionale : la frairie, une communauté locale réunie autour de la chapelle.
Désaffectée depuis 1846, la chapelle a peu évolué au fil du temps. Elle a ainsi conservé son caractère rustique et authentique, qui fait aujourd’hui tout son charme.
Elle constitue également un témoignage rare en Loire-Atlantique de l’architecture religieuse rurale de la seconde moitié du XVIIe siècle.


Le saviez-vous ?
La chapelle Saint-Georges a bénéficié des fonds de la Fondation Patrimoine de Stéphane Bern !